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Derrière Pierre Gentelle (directeur de recherche au CNRS), 25 membres des Cafés Géo se sont rendus en Ouzbékistan du 06 au 16 juillet 2004. Le voyage débute dès le 12 juin par une journée de préparation au voyage, qui permet de faire le point non seulement sur les données pratiques, mais aussi sur un aperçu général de la géographie du pays et de son contexte régional.
Quelle identité pour l'Ouzbékistan ?
La volonté de départ des Cafés Géo était de faire découvrir le pays d'Asie Centrale où Pierre Gentelle a travaillé pendant une grande partie de sa vie professionnelle.
L'Ouzbékistan est intéressant à plus d'un titre : c'est un pays doublement enclavé (l'accès à la mer ne peut s'effectuer que par la traversée de deux Etats), une ancienne république de l'URSS qui a acquis son indépendance le 31 août 1991, mais dont la marque du "grand frère russe" est encore très présente, une terre chargée d'histoire.
L'Ouzbékistan, c'est avant tout les clichés des cartes postales : des coupoles bleu turquoise des mausolées et mosquées des XIVe et XVe siècles, la Route de la soie, les nomades et leurs yourtes, des héros légendaires (Gengis Khan, Tamerlan, Ouloug Beg). Pourtant, l'Ouzbékistan moderne semble bien éloigné de ces images d'Epinal. Sur la scène internationale, le pays s'affirme aux côtés de l'OTAN et des Américains dans la lutte contre le terrorisme. Sur le plan économique, l'autosuffisance énergétique et agricole est atteinte. Une politique d'ouverture à l'économie de marché et aux investissements étrangers est établie par les autorités officielles sur la mise en valeur des ressources nationales : gaz, pétrole, or, commerce, modernisation des infrastructures (transports, réseaux de communication, irrigation). Le tourisme est en plein essor et peut s'enorgueillir d'un riche patrimoine urbain, architectural et religieux, dont Boukhara et Samarcande sont les symboles.
L'Ouzbékistan se situe aux pieds Nord-Ouest de l'Himalaya et du Pamir. Le pays s'appuie sur deux ensembles hydrographiques : les bassins de l'Amou Daria (fleuve long de 1437 km) et du Syr Daria (long de 2137 km), séparés par de grandes plaines désertiques du désert du Kyzyl Koum ("sables rouge"). Les chaînes de montagnes himalayennes sont nées de la montée vers le Nord de la plaque Inde (depuis Madagascar), bouclier s'enfonçant depuis 30 millions d'années dans la plaque Asie, donnant lieu à des compressions et subductions successives. Ces mouvements de la croûte terrestre entraînent des déversements sur plus de 700 km vers l'Est et l'Ouest donnant naissance à des chaînes de montagnes connexes comme le Pamir. Sans ce complexe montagneux, la région serait un immense désert de type saharien. En effet, les montagnes bloquent la circulation atmosphérique d'Ouest et provoquent pluies, neige, fleuves et installations humaines.
Les mers d'Aral et Caspienne sont ainsi des fossés tectoniques séparés par un plateau porté à 300 mètres d'altitude. En période climatique chaude, leur niveau baisse parfois jusqu'à leur disparition. Ces deux mers sont liées par un fleuve, l'Ouzboï, qui a fonctionné à la Préhistoire et encore au XVIème siècle, pendant le Petit âge glaciaire. Les autres lacs régionaux ont presque tous disparu. Actuellement, l'Aral voit son niveau diminuer au tiers de sa superficie de 1960 suite aux événements climatiques mentionnés précédemment auxquels s'ajoutent des raisons anthropiques : les deux fleuves qui l'alimentent sont saignés par l'irrigation pour le coton sur l'Amou Daria et pour les cultures sur le Syr Daria.
Les frontières sont récentes et très complexes créant une mosaïque ethnique importante, afin d'éviter un contact direct des zones d'influence russe et anglaise, avec l'Afghanistan comme pomme de discorde. Le découpage de l'Asie centrale a été effectué par les Soviétiques pour développer les tensions locales entre les peuples, dans le cadre d'une politique coloniale classique selon le vieil adage "diviser pour régner". Cependant, l'Ouzbékistan est un carrefour d'influences et les frontières culturelles ou des civilisations s'y entrecroisent. La région, traversée par de nombreuses routes de commerce, a mis en relation l'Occident et l'Orient, recevant en parallèle la remontée du Bouddhisme vers le Nord le long de ces routes par la vallée de l'Indus, puis de l'Islam à partir de 712-715. Zone de commerce et lieu de passage, l'Ouzbékistan a été conquis par de nombreux peuples qui y ont laissé leur empreinte : les Grecs au IVe siècle av. J.-C., les Chinois entre le IIe siècle av. et le IIe siècle ap. J.C., les Huns, les Avars, les Mongols à partir du XIIIe siècle.
LE JOURNAL DE BORD DES CAFES GEO EN OUZBEKISTAN :
(par Alexandra MONOT)
1 – Un pays aride aux paysages irrigués verdoyants !
Paris-Tachkent – Tachkent / Urgench / Khiva – Khiva / Toprak Kala / Ayaz Kala – Route vers Boukhara par le Kyzyl Koum
2 – Une ancienne civilisation urbaine
Boukhara – De Boukhara à Samarcande – Samarcande
3 – L'un des derniers rideaux de fer de la planète
De Samarcande à Termez – Termez – Tachkent et vol retour pour Paris
LES ARTICLES THEMATIQUES :
Un Café géo nomade en Ouzbékistan : "Sur la route de la soie"
Zones de désert irrigué, par Edith BOMATI
Pas de touriste sans turista ? Pour une géographie réellement vécue du voyage, par Olivier MILHAUD
Les rats dans la médersa, par Gilles FUMEY
Musée d'Afrosiab : La barque, par Marie-Hélène GASSEND
L'habitat en Ouzbékistan, par Edith BOMATI
Le chant des Cafés Géo en Ouzbékistan
Bibliographie, par Pierre GENTELLE
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